Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 10:00

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La croissance du e-commerce en France peut faire l’objet de commentaires : elle est inéluctable et correspond de plus en plus aux modes de vie et aux attentes des Français. Cessons l’hypocrisie autour des ouvertures le dimanche ou des journées étendues : le consommateur veut pouvoir acheter à n’importe quel moment, et de préférence lorsqu’il est détendu, et disponible pour cela. Nous devons donc nous préparer à une désertification progressive du petit commerce traditionnel, au profit d’un nouveau commerce.

Les grands distributeurs ne s’y trompent pas : tous ou presque ont lancé une enseigne « Drive » de leurs hypermarchés : Leclerc Drive, Carrefour Drive, Chronodrive pour Auchan, etc. Pourquoi cela ? Simplement pour faire face à une concurrence nouvelle, concurrence qu’ils pensaient morte depuis longtemps : celle du commerce en ligne !

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’explosion du  e-commerce a relancé les velléités entrepreneuriales de nombreux commerçants, déjà en activité ou de création récente : au total, le Fevad recense 100.400 sites marchands en France, soit 7 fois plus qu’en 2005.

Pour les hypermarchés, et leurs mastodontes de m², et d’infrastructures logistiques hyper coûteuses, cette nouvelle concurrence oppose :

  •  souplesse : pas d’horaires d’ouverture limités, service clientèle disponible et humain, gammes profondes et disponibles, et
  •  affinité : entrepreneur commerçant, visible, souvent passionné

Cette situation est très paradoxale, après que les 6 grands distributeurs de ce pays que sont E. Leclerc, Carrefour, Auchan, Casino, Système U, et Cora se soient évertués à restreindre la concurrence autour d’eux, cette concurrence revient par où elle était supposée avoir disparu depuis longtemps.

En effet, la puissance des grands distributeurs est née avec le hard discount, à la fin des années 1960, et la création des centrales d’achat. Acheter moins cher était la devise alors pour ces distributeurs d’un nouveau genre. Le consommateur est entré dans leur jeu si bien que des pans entiers du petit commerce ont disparu, et avec eux les industries manufacturières correspondantes.

Rappelons tout de même que, si des enseignes comme Auchan ou Système U ont compris l’importance du rôle social de leur modèle de distribution, le Groupe Auchan avec son modèle participatif pour ses salariés, et Système U avec une politique d’achat local développée très tôt, les autres enseignes ont, elles, toujours joué leur puissance contre l’équilibre social. Notons au passage qu’une enseigne comme E. Leclerc qui revendique aujourd’hui des valeurs, autour de l’écologie ou de l’engagement social, a été la première à importer de Chine des produits manufacturés (bonjour l’écologie…), et faire fermer des usines en France, à son seul bénéfice. Les anciens ouvriers de sociétés comme Menzer, ou Gitane, en savent quelque chose. La nocivité d’une telle enseigne pour l’équilibre social se traduit par un fait simple : le propriétaire du centre Leclerc de chaque région est souvent – sinon toujours – le premier contribuable de sa région. A quel prix social pour ses salariés ?...

Après cette période de conquête, largement aidée par le pouvoir politique, qui y a trouvé son  intérêt, les enseignes ont joué le protectionnisme en imposant dans les années 90 le gel des surfaces commerciales : voilà qui est simple comme mesure pour éviter qu’un concurrent étranger s’installe en France ; il suffit d’interdire l’ouverture de nouvelles surfaces commerciales (!). Les socialistes au pouvoir à l’époque ont voté cette réforme, preuve que le clientélisme en politique n’est pas une exclusivité de droite.

Et voilà que 40 ans après que les hyper aient déstabilisé l’économie, ce sont des petits entrepreneurs qui créent une nouvelle forme de concurrence, grâce à des entreprises de e-commerce. C’est une forme d’ironie du sort, plutôt inattendue.

L’énorme avantage du e-commerce par rapport à l’hyper distribution vient de plusieurs facteurs :

-      l’e-commerçant est souvent un petit commerçant : il s’approvisionne plus volontiers localement, en France sinon en Europe

-      pour la plupart des e-commerçants, le ratio emplois créés/million d’euros de chiffre d’affaires est proche de celui du commerce traditionnel. Or ceci est important car l’hyper concentration du commerce en France prive la nation de manière structurelle d’environ 1,5 Millions d’emplois depuis 1980.

-      Malgré certaines idées reçues, l’e-commerce recrée le plaisir d’acheter, parce qu’il est ludique, coloré, varié, et sans limites.

La création d’emplois nouveaux se fera en très grande partie autour de la vente numérique, et cela de façon pérenne, non pas grâce aux armées d’ingénieurs et de graphistes qui vont créer des sites web marchands – ces métiers sont facilement délocalisables – mais grâce aux nouvelles formes de vente, et aux nouveaux services associés. 

Par Frederic Hougard - Publié dans : Cas d'école
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Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 10:43

J'ai découvert avec plaisir que notre ministre Eric Besson lançait une initiative publique sur les évolutions numériques impactantes au quotidien, avec l'évènement "Nouveau Monde 2.0: concrétisons l'internet du futur".

Hélas, en consultant la liste des internevants, je m'aperçois qu'aucune société française, ni aucun intervenant Français ne sont présents, à part France Telecom, pas vraiment concerné.

C'est dommage, et sincèrement décevant de voir que la vision des pouvoirs publics pour Internet en France s'écrit sans la France, malgré les mesures mises en place pour investir dans de nouvelles pousses numériques.

Encore plus décevevant de voir la place faite à Google, société qui a fait de l'évasion fiscale son sport favori (!).

 

 

Par Frederic Hougard - Publié dans : Humeur
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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 09:27

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Au delà du vibrant hommage, amplement mérité, que je souhaite adresser à Steve Jobs, j'aimerais mettre en perspective la vision du monde technologique outre atlantique et ici en France.

 

Steve Jobs a été salué comme "le plus grand inventeur Américain", par Barak Obama, ou encotre "sans doute comparable à Einstein", selon Mickael Bloomberg.

 

Génial, sans aucun doute.

Visionnaire: comme aucun d'entre nous!

 

Mais selon l'administration française - qui excelle dans ses capacités de jugement - Steve Jobs n'aurait même pas été qualifié comme directeur de recherche d'une jeune entreprise innovante (JEI). C'est intéressant de voir que cet inventeur de talent, créateur de richesse, d'emplois et d'innovations pour son pays, n'aurait pas reçu l'aide de l'Etat Français car il est autodidacte, et pas diplômé d'une école d'ingénieurs, ou Docteur d'une université.

 

Paradoxal me direz-vous ?

Non, juste Français.

Ici, l'étiquette compte plus que l'expérience. Ca rassure, et ça permet à tout le monde d'être en confiance.

 

C'est sans doute une des raisons pour laquelle Américains, Chinois et Indiens savent innover mieux, et plus vite. Et celle qui fait qu'en France la recherche est poussive, et trop rarement porteuse d'emplois et de richesse.

 

En France, Steve Jobs n'aurait pas pu développer son talent, et c'est terriblement dommage.

Chapeau bas Monsieur Jobs.

Par Frederic Hougard - Publié dans : Actualité
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Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 08:24

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Le dernier salon e-commerce a accueilli de nombreux visiteurs, et sans doute aussi beaucoup d'incrédules.

En visualisant le panneau d'entrée, j'ai été surpris de voir les thématiques abordées: emailing, affiliation, sites marchands, Facebook... quoi ? Facebook ?

Voilà une approche surprenante, comme si Facebook constituait une thématique du e-commerce à lui seul!

J'ai cherché le stand Facebook donc, en me disant que pour le placer ainsi en tête des thématiques, il devait être un super exposant. Mais hélas, aucun stand... Sympa pour ceux qui ont payé le droit d'exposer: c'est un non exposant qui est mis en valeur.

il faut dire que Facebook est devenu la tarte à la crème de toutes les agences en communication, et en soit disant marketing: campagnes de recrutement de fans, fan page, et j'en passe... Nos créatifs manqueraient ils d'idées ? Nos marketeurs d'ouverture d'esprit ? Je ne sais pas. Mais dans un secteur en crise, avoir la chance de récupérer des mini missions à 20 ou 30k en faisant miroiter facebook, c'est si facile.

Une reponsable d'un très grand site de marque me confiant: "nous avons investi 300.000 euros pour créer, animer et recruter la fan page Facebook. Le résultat a été salué par la direction cr nous avions dépassé nos concurrents: plus d'un million de fans! Seulement voilà, passé la période d'incentive, ils ne sont pas plus de 200 à visiter la fan page chaque mois..."

Ca fait cher le contact, et surtout très cher la poudre aux yeux! Cela m'a fait penser aux concours de petits garçons que nous avons tous fait, pour savoir celui qui arroserait le plus loin. C'est pareil, sauf que c'est à celui qui gagnera le plus grand nombre de fans.

Rappelons trois choses:

1. 57% des fans recrutés sur campagne sur une fan page se désinscrivent dans les 12 mois (en tenir compte dans votre budget, et prévoir un avoir en conséquence)

2. faceook ne fonctionne pas pour la pub: les taux de clics sont extrêmement médiocres, et les formats de piètre qualité. Par ailleurs, le désintérêt des membres semble de plus en plus accentué: l'activité d'un membre chute en moyenne de 60% après un an d'utilisation de Facebook. Les taux de désinscription massifs enregistrés aux USA et au UK ont donc une origine: la lassitude d'un service finalement sans grand intérêt pour des adultes. Restent les pré-ados, plutôt actifs, mais qui constituent une cible très limitée.

3. en déplaçant la conversation sur facebook, une marque appauvrit son capital marque: elle afffaiblit en la dispersant sa capacité à mettre ses clients en affinité sur des environnements qu'elle maîtrise, et où ses - vrais - clients seront présents.

La course aux fans est un leurre. Personnellement, je préfère avoir 5 fans, mais des vrais, que 5.000, tous bidons.

Par Frederic Hougard - Publié dans : Cas d'école
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Dimanche 11 septembre 2011 7 11 /09 /Sep /2011 11:56

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Une fois n'est pas coutume, je vais parler de Testntrust, dans ce billet qui fait suite logique à mon précédent billet.

France Bleu cette semaine a interviewé deux collaborateurs de Testntrust, Xavier Souris et Alain Ruel, dans le cadre du recrutement de ce dernier. Il avait attiré les media en mettant son CV "en solde", cet été. Nous avons été naturellement attirés et séduits par cette opération marketing bien menée, et originale.

Ouest France, et d'autres acteurs ont repris l'annonce du recrutement, en citant Alain, pour son sens créatif, et Testntrust, pour lui avoir donné sa chance.

France Bleu quant à elle a été la seule à soigneusement éviter de faire apparaître Testntrust dans son reportage, et cela malgré une bonne dizaine de citations au moment de l'interview.

Bien sûr, c'est le droit d'une radio, et d'un journaliste de ne pas citer une marque. Aucun souci sur ce point.

Mais lorsque la même radio fait, depuis plusieurs mois, la promotion régulière et gratuite de Facebook, Twitter ou Google, je deviens interrogatif, sur plusieurs points:

1. Ces trois acteurs américains ne contribuent en rien à l'économie de la France: Facebook et Twitter sont deux sociétés qui n'ont pas d'existence légale en France, et ne contribuent donc pas à l'économie du pays.Quand à Google, elle facture en Irlande sa pub - comprenez hors TVA - et redirige son revenu en Suisse où se trouve son siège européen.

2. France Bleu vit en grande partie de la redevance audiovisuelle, donc de l'impôt des français. Le fait de promouvoir une PME française, surtout au niveau régional, ne me semblerait pas contraire à son devoir de service public.

3. Aucun de ces trois acteurs américains ne sera jamais annonceur sur France Bleu s'ils sont promus autant et aussi gratuitement, alors qu'ils en auraient les moyens, paradoxalement.

4. Testntrust réfléchi en ce moment à un partenariat radio pour lequel elle va investir en tant qu'annonceur. Ca ne sera pas sur France Bleu, donc.

5. Les trois acteurs américains fonctionnent sur un modèle économique basé sur la vente de publicité, comme France Bleu pour la partie de ses revenus qui ne vient pas de l'impôt des Français. Ils sont donc des concurrents directs de cette chaine de radio. Pourquoi dès lors en faire la promotion ? Et surtout, pourquoi ne pas citer Testntrust, dont le modèle n'est pas publicitaire ?

Je dois avouer mon incompréhension totale devant le comportement de cette radio locale, qui aurait pourtant recueilli ma sympathie en donnant un coup de pouce à un voisin.

D'une manière générale, le fait de privilégier systématiquement les sociétés américaines en matière d'internet sur les media publics français contribue depuis des années à l'impossibilité pour les acteurs nationaux de se développer. C'est navrant, et néfaste pour l'économie du pays. Que les medias publics y contribuent est incompréhensible et de mon point de vue, opposé à leur mission de service public: pourquoi nos impôts serviraient ils la promotion et les intérêts d'acteurs privés américains, et pas à nos PME ou à nos industries nationales ?

Par Frederic Hougard - Publié dans : Humeur
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  • Frederic Hougard
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