Les avis de consommateurs sont devenus une industrie grâce à quelques sites pionniers, comme ciao ou tripadvisor. Saluons leur esprit visionnaire, qui a permis à des millions d’internautes de trouver un terrain d’expression libre.
Cependant, certains ont vite compris que les avis de consommateurs pouvaient être habilement exploités pour générer du texte à bon compte, et utiliser cet UGC (User Generated Content) à des fins détournées. 4 pratiques au moins se sont donc développées autour des avis de consommateurs ces dernières années :
- L’écriture de faux avis de promotion (publicité mensongère) ou de dénigrement (diffamation), surtout pratiqué chez les professionnels indépendants
- La génération de faux avis dans le but de créer un volume de texte uniquement destiné au référencement ;
- Le recueil et la diffusion d’avis « triés », surtout présent dans le e-commerce, et rendu industriel grâce à des outils intégrés en marque blanche, là encore générant de la publicité mensongère ;
- L’inclusion dans le modèle économique de la note de satisfaction client par les vendeurs e-marchands : cas de certaines agences de voyage en ligne, qui font varier les taux de commission prélevés aux hôteliers en fonction du niveau de satisfaction recueilli.
L’enjeu est variable, selon les problématiques rencontrées.
Lorsqu’il s’agit de l’écriture de faux avis, il s’agit essentiellement pour les professionnels soit de :
1. Faire leur propre promotion, en tentant de gommer leurs défauts, et en soulignant leurs qualités
2. Circonscrire un mauvais buzz en noyant le web d’informations favorables, service qui est payant la plupart du temps
Dans un métier comme l’hôtellerie – mais il en va de même dans la restauration – les indépendants ont perdu la bataille du e-commerce depuis longtemps. Rares sont ceux qui maîtrisent leur distribution, et encore plus rares sont ceux qui comprennent l’importance d’investir dans ce lien unique qui existe sur internet avec leur client.
En délégant ce lien peu à peu par défaut, les hôteliers ont abandonné le contact client numérique. Le montant des investissements à réaliser pour reconquérir ce lien est aujourd’hui trop élevé pour qu’aucun ne puisse reprendre la maîtrise de son destin commercial. Les hôteliers sont donc condamnés à ne plus maîtriser du tout leur distribution.
Dès lors, l’initiative de Testntrust de proposer des travaux visant à établir une norme NF avec l’AFNOR des avis sur Internet constitue une réelle opportunité pour la profession. Quels en sont les enjeux ?
- Rendre plus transparents les outils qui recueillent des avis au sein de communautés externes au commerce. C’est le cas de tripadvisor dont les efforts sont sensibles depuis la création de ce projet de norme ;
- Regagner une part d’autonomie perdue : l’hôtelier doit disposer des outils pour construire une base d’avis fiables.
- Assurer le client que les informations disponibles sur internet correspondent bien à la réalité de la prestation offerte.
Les plus malins aujourd’hui sont plutôt les agences de voyage en ligne : comment est-il possible pour ces sociétés de modérer elles-mêmes les avis des clients, et lier les notes obtenues au taux de commissionnement imposé aux hôteliers, sans générer un conflit d’intérêt majeur ? Pire encore : comment est-il possible que les syndicats d’hôteliers acceptent cette situation qui les menotte d’emblée à tous les distributeurs qui adopteront le même système ?
Qu’un distributeur affirme qu’il est plus difficile de vendre un hôtel mal noté ne choque personne. Mais que ce même distributeur soit tout puissant sur la gestion de cette note me semble pour le moins douteux et discutable. Quand bien même il serait le seul à pouvoir fournir une preuve d’achat, cela ne présume en rien de son honnêteté dans le traitement des avis, leur filtrage ou encore leur diffusion.
Testntrust a été créé dans ce but : devenir LE tiers de confiance dont une profession comme celle des hôteliers et des restaurateurs – demain les artisans, commerçants… - a besoin pour éviter d’être dépendant de distributeurs peu scrupuleux. Testntrust n’a aucun intérêt dans le chiffre d’affaires des hôteliers, peut néanmoins déceler les faux avis de manière fiable, et garantir de ce fait que l’indice de satisfaction – le SARA – de chaque hôtel est un indicateur fiable et honnête.
Sans doute qu’un acteur comme Tripadvisor est même meilleur défenseur des intérêts des hôteliers que les plateformes marchandes comme booking ou opodo, n’en déplaise à certains ! Pourquoi ? Simplement parce qu’ils sont moins impliqués dans la transaction.
Je pose une seule question aux hôteliers : quelle serait leur position si demain une agence de voyage, en mal de marge sur ses ventes, décidait arbitrairement d’abaisser toutes les notes de satisfaction des hôtels, et mécaniquement d’augmenter tous les taux de commissionnement qu’il prélève sur les établissements ?
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

