Mercredi 2 février 2011
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L’annonce, il y a quelques jours du retour aux affaires de Larry Page, un des deux fondateurs, en lieu et place d’Eric Schmidt signifie le départ de ce dernier, sans doute un peu trop controversé
en raison de ses déclarations impérialistes répétées. Il faut dire que, sous l’autorité d’Eric Schmidt, Google a perdu peu à peu son capital sympathie, au profit d’une défiance quasi généralisée
sur ses intentions réelles.
Je vous invite à relire mes différents billets sur ce sujet.
Hors, le capital sympathie est justement ce qui fait pour l’instant la force des sites naissants, tel un facebook par exemple… jusqu’au ce que ce dernier nous montre son vrai visage.Nous aurons
peut-être des surprises...
Il faut dire que Google affiche aujourd’hui plus que jamais une volonté hégémoniste sans limite. Le dernier exemple en date est l’offre de rachat faite sur Groupon, que Google aurait aimé voir
ajouté à Google Shopping. De quoi s’agit-il ? Tout simplement d’entrer dans le e-commerce par la grande porte.
Google a un raisonnement simple : où se situent les gisements de valeur qui vont permettre de satisfaire les promesses faites aux marchés financiers ? Une observation simple des acteurs
les mieux portants, et sans doute aussi parmi les plus vulnérables désigne les comparateurs de prix, et les plateformes d’achat en ligne. Dès lors que le constat est aussi clair, Google applique
sa logique habituelle qui consiste à prendre la place sur le marché, en tuant les acteurs qui s’y trouvaient auparavant. Les méthodes utilisées jusqu’ici sont toujours les mêmes :
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Amélioration d’une offre existante, et lancement d’une offre gratuite le plus souvent de manière
illégale, au sens de la loi Européenne (ex:google maps):
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Rachat des acteurs clés, naissants ou matures, et construction d’offres commerciales agressives pour
tuer les concurrents (ex : youtube)
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Violation de la loi pour offrir des services inédits (ex : numérisation des livres, Google
Street…)
En affichant le désir d’occuper le terrain du e-commerce, Google se trouve cependant en conflit d’intérêt à de nombreux endroits :
1. Il va occuper la place de ses annonceurs les plus importants, avec le risque que ces derniers investissent ailleurs
2. Il étend sa présence au long de la chaine de valeur, depuis la recherche jusqu’à la transaction sur internet, au risque de se voir opposer un abus de position dominante
Cela pose de sérieuses questions éthiques, sur Google en particulier, mais aussi sur l’équilibre de la concurrence sur le
marché.
Sur Google, parce qu’il apparait aujourd’hui clairement que la société a atteint son pic de maturité, et n’a pas trouvé de relais de croissance, pour continuer à faire grandir son chiffre
d’affaires par le développement de solutions innovantes. Seule l’offre Adwords génère de l’activité profitable, et ce depuis de nombreuses années. Mais l'essoufflement de la croissance est là.
Ensuite sur l’équilibre du marché, car en occupant autant de place sur la chaine de valeur, Google est clairement affiché comme un acteur en position dominante. Plusieurs actions sont en cours
aux Etats-Unis, menées par la commission Anti Trust. Dans ce pays, Google ne couvre que 52% du marché du Search, pourtant. Imaginons ce que cela va donner en Europe, où Google tient plus de 80%
du marché du Search. La commission européenne devrait sans aucun doute s’opposer à un développement de Google sur le marché du e-commerce. La question est surtout : va t on anticiper cette
fois, ou bien attendre que nos startups se soient effondrées avant d’agir ?