Au-delà d’une simple benchmark, le relevé des tarifs des concurrents doit s’accompagner d’une compréhension
de leur modèle économique. Le tarif seul ne suffit pas pour se positionner.
Mesurer les changements apportés par les développements réalisés
Selon que votre offre sera très différente ou comparable, vous devrez ajuster votre prix.
Ne pas sous estimer ses coûts
La mesure des coûts réels de développement et de production est parfois rendue difficile par la mutualisation
de certaines ressources, ou bien par les aides liées à la Recherche et au Développement.
Cette mesure des coûts reste cependant un élément déterminant du compte de résultat. Aussi, je vous
recommande de mesurer vos coûts selon une méthode simple. Considérez l’ensemble de vos coûts pour un projet, sans y intégrer les éventuelles aides de l’état que vous auriez obtenu, ajoutez y les
coûts de structure afférents, et considérez la capacité de production de votre organisation, à 60% de sa capacité maximale. Attention : la limite de production peut venir de l’organisation
humaine, et pas des machines. Ensuite, divisez les coûts par cette valeur, et vous obtenez votre coût réel de production, en étant raisonnable. En réalisant cet exercice, vous identifierez
peut-être des paliers de coûts en fonction, soit de votre organisation, soit de votre plateforme technique. Vous aurez alors en mains les premiers outils d’aide à la décision pour investir ou
embaucher.
Un modèle économique innovant est parfois difficile à comprendre. Il peut être à l’origine d’une rupture dans
l’usage ou dans les pratiques telle qu’une explication détaillée soit nécessaire à son lancement.
Pour cela, une évangélisation des cibles visées est indispensable. Cela concerne chaque acteur de
l’écosystème de l’entreprise : journalistes, blogueurs, prospects, partenaires de toute sorte, y compris son banquier, personnel, etc.
Evangéliser c’est faire la démonstration du modèle, de sa valeur, de ses vertus et de ses limites.
Impacts sur l’écosystème
Une évolution de la chaine de valeur peut générer de nombreux remous autour de soit. Au-delà de
l’évangélisation, il est impératif d’accompagner le lancement d’un modèle économique innovant et de peser l’impact sur l’écosystème.
Prenons un exemple fictif : une société produit des yaourts, et fait fortune dans ce secteur. Elle
décide ensuite que le secteur de la charcuterie est stratégique dans sa diversification, et se lance dans la charcuterie. Pour pénétrer ce secteur, elle décide d’offrir sa charcuterie à tous ses
clients, et d’utiliser l’argent qu’elle génère dans les yaourts pour financer cette prise de marché.
Que dire de cette société qui sortirait des nouvelles offres régulièrement sans se soucier des conséquences
sur les acteurs existants ? Surtout si ces offres sont lancées gratuitement par exemple ? Cette société peut elle être considérée comme éthique si elle détruit de la valeur chez
d’autres acteurs ? Il s’agit d’une pratique régulière dans le monde numérique pourtant – voire Google à titre d’exemple – mais dont le législateur devra se saisir s’il ne veut pas voir se créer
des monopoles dangereux.
Ajuster les modalités de facturation
La rupture apportée par un modèle économique performant a pour conséquence une modification de la structure
du compte de résultat de l’activité concernée. Cela porte à conséquence sur la facturation : une réflexion sur l’adaptation de cette dernière est nécessaire sur au moins une des dimensions
suivantes :
Voici venu le temps le la taxe carbone.
Dans l'ile de France aux enfants
C'est tous les jours le printemps... etc
Non ce ci n'est pas une blague, un peu de délire tout au plus.
Puisque nous parlons de modèle économique, et de monétisation, en voici une que je soumets modestement aux lecteurs: une taxe, tout comme le prix d'un service, doit pouvoir être expliquée, et
commentée, de manière simple et sans que son principe ne soulève de contestation, a priori. C'est ce qui permet son acceptation, et son caractère socialement supportable.
Et là, je dois avouer que je ne comprends pas le principe même de la taxe carbone.
Elle est censée réduire les émissions de CO2. Donc va viser l'automobile, en priorité. Et aura pour conséquence une hausse du prix de l'essence.
Jusque là, je comprends la logique.
Mais en dehors des carburants, qui paiera la taxe carbone ? Les fabricants de véhicule, qui en produisent beaucoup pour faire que l'essence trouve un réservoir ? non a priori.
Les fabricants de papier, qui détruisent les forêts absorbantes de CO2 ? non a priori.
Les vaches, qui produisent 12 millions de tonnes de CO2, soit autant ou presque que les 13 millions de tonnes des raffineries de pétrole ? non a priori.
Les chevaux, animaux de compagnie de luxe s'il en est, et fort contributeurs en CO2 ? non a priori.
Les humains, premiers responsables au fond du réchauffement climatique, par la surpopulation ? non a priori.
Le principe d'une taxe Carbone pourrait être recevable, puisque la planète se réchauffe.
Mais puisque c'est la planète qui est en jeu, faisons en sorte que la taxe soit mondiale.
Et surtout, l'ensemble des générateurs de CO2, ou des destructeurs d'arbres, devraient s'en acquitter, ce qui n'est pas prevu pour l'instant.
Ou bien, il s'agit simplement d'une nouvelle taxe pétrolière. Et autant le dire simplement...
Le projet d'instauration de taxe Carbone illustre bien la difficulté de mettre en place un modèle économique innovant facile à comprendre, et à accepter.
Construire un site internet c’est s’adresser à la terre entière !
Lorsque le service rendu au travers d’un site est susceptible de toucher un public large, il est important d’avoir une démarche industrielle. Cette démarche s’inscrit à trois niveaux :
la définition de l’offre
la capacité à délivrer l’offre
les processus mis en œuvre
Définir son offre
L’offre sur un site internet s’établit à plusieurs niveaux :
le service rendu
la communication
la gestion de la relation client
Une offre bien exprimée doit permettre à l’internaute de se sentir en confiance, et de pouvoir s’exprimer. Cela impose d’afficher clairement qui est derrière l’entreprise, à quelle adresse et
quel numéro de téléphone. Mais cela impose de canaliser la navigation pour créer autant de zones d’expression que nécessaire : un forum pour que les internautes échangent entre eux, une FAQ
complète pour limiter les appels, des pages simples et lisibles, pour offrir une information suffisante au visiteur.
Au-delà de la communication, la mesure du coût de livraison d’une offre peut sembler complexe. L’exemple de l’industrie traditionnelle peut s’appliquer parfaitement à un site : les coûts de
R&D s’amortissent sur l’ensemble des ventes, et un coût variable pourra être calculé en prenant en considération la puissance, la bande passante, etc nécessaires à la livraison unitaire du
service. Et comme dans l’industrie, des effets de palier importants existent, entre deux versions d’une même plateforme informatique, ou bien lorsqu’on doit redimensionner la capacité d’une
plateforme. Les sommes en jeux et la définition des paliers de production sont propres à internet, mais les mesures liés à la qualité ou la flexibilité sont comparables.
La capacité à livrer
Pour être certain de faire face à un trafic élevé, ou croissant rapidement, la mesure de la charge acceptable pour un site constitue un indicateur clé. Il est parfois difficile de l’estimer de
façon théorique, et seule la défaillance observée en production permet de connaître la vraie limite d’une plateforme. Toutefois, lors du développement des applications, une précaution impérative
est à prendre en s’assurant que la plateforme créée soit « scalable ». Cela veut dire qu’elle pourra être dimensionnée à volonté, en ajoutant autant de « chaines de
traitement » que nécessaire.
Le choix des bons processus
Deux considérations majeures doivent conduire au choix des processus les plus pertinents :
l’automatisation des procédures, et des traitements
la création d’une propriété exclusive
L’automatisation des procédures vise à limiter l’intervention humaine au maximum, sauf nécessité absolue ou choix stratégique, dans la chaine des traitements du service rendu. Ainsi, des choix
logiques seront privilégiés à des considérations subjectives, et partout où cela est possible, des aides logicielles viendront accompagner l’humain dans ses prises de décision, en lui permettant
d’aller plus vite dans le traitement de l’information.
Une plateforme internet fonctionne comme une usine : elle reçoit à l’entrée des données qui sont générées par l’internaute, ou par des moteurs de recherche. Ces données sont ensuite
transformées, analysées, agrégées pour donner naissance à un résultat, qui est le service rendu. La chaine de traitements qui opère la transformation, si elle n’est pas suffisamment sophistiquée,
ou protégée, pourra ainsi être copiée, ce qui met en danger l’entreprise. Le savoir-faire d’une société sur internet tient souvent dans sa capacité à organiser l’information et délivrer des
services uniques.
Internet a été souvent décrit comme un lieu virtuel, une sorte d’endroit où les règles connues auparavant dans l’économie devenaient subitement
caduques. Mais justement parce qu’internet n’est pas virtuel, il obéit aux mêmes règles.
Plutôt que monde virtuel, je l’appellerai donc plutôt monde numérique.
Un objectif : réaliser du profit
Un service est délivré gratuitement ? Oui, pourquoi pas sur internet.
Les livres, disques et films deviennent gratuits ? Bien sûr, tout est disponible sur internet !
Je me souviens de ma première expérience dans une start up : 150 références clients, et un chiffre d’affaires inexistant. Cela m’était
apparu comme un simple non sens…
La nature d’une entreprise, qu’elle soit de l’internet ou non, est de réaliser du profit.
Voilà un postulat facile, que pourtant beaucoup ont oublié d’une bulle internet à une autre.
Aucune entreprise de l’internet ne survit à plus de 3 à 5 années de pertes successives. Des exemples remarquables de réussite existent en ce
sens, comme Meetic ou MrGooddeal qui ont été profitables dans un délai raisonnable. D’autres aussi dans le sens inverse, souvent des sites de marques ou bien extensions d’activités
existantes.
Ainsi, lorsque des géants comme Danone, Unilever, ou Michelin, par exemple lancent une activité sur Internet, la recherche de profit n’est pas
la priorité. Il en va de même lorsque Google, régie publicitaire, lance une activité nouvelle comme Google Maps, dont le but est de servir le modèle économique de la régie publicitaire, mais pas
de devenir rentable per se. Cela fonctionne à condition de restreindre l’activité de la nouvelle entité à ce rôle de servitude par rapport au métier cœur. En délivrant des services
cartographiques gratuits aux professionnels, par exemple, Google maps s’expose clairement à une attaque en justice pour concurrence déloyale ou vente à perte, vis-à-vis de sociétés dont les
services cartographiques sont le cœur de métier.
Internet aussi divers que l’économie réelle
Quel que soit l’exemple, sur internet comme dans le monde réel, toutes les activités cohabitent. Internet n’est pas un fourre-tout où toutes les
activités seraient comparables. Ainsi, délivrer des services cartographiques et faire de la publicité sont deux activités aussi distinctes que diriger une régie publicitaire et produire des
cartes routières sur papier. En ce sens, et pour reprendre notre dernier exemple, Google et Google Maps réalisent bien deux métiers distincts, qui constituent deux entreprises séparées.
Il existe autant d’activités différentes sur internet que dans le monde réel, certaines étant la réinvention d’activités traditionnelles selon
un modèle numérique, un medium et des processus nouveaux. Par exemple, Meetic a réinventé sur le net le métier d’agence matrimoniale, Tomtom celui d’éditeur de cartes routières, ebay celui de
commissaire priseur, etc.
Le monde numérique affiche bien la même diversité d’activités que dans le monde réel.
Les règles du commerce sur Internet obéissent aux mêmes lois que dans l’économie traditionnelle
Bien que numériques, les échanges sur Internet s’opèrent entre des individus, et l’internaute, même s’il est le visiteur gratuit d’un site, est
un client. A ce titre, il affiche le même comportement que le visiteur d’une galerie marchande : il flâne, ne souhaite pas être démesurément sollicité, souhaite que sa curiosité et son
besoin de distraction soient satisfaits.
Un opérateur de site, quelle qu’en soit la nature, doit donc offrir tout ce que l’internaute exige : transparence, interaction,
convivialité et éthique professionnelle.
:
Les modèles économiques du Web: comment monétiser un trafic, quels sont les leviers pour créer une audience, quel écosystème pour quel positionnement ? Au travers de cas concrets, d'articles de fonds et d'interviews, ce bog présente les bons exemples, et les moins bons.
Passionné par Internet: 9 ans à la direction d'acteurs importants du web, et toujours la même envie de créer.
Je souhaite que ce blog soit un lieu d'expression et de partage d'expériences, bonnes et mauvaises.