Les retards de train ont été nombreux ces dernières semaines, et comme
beaucoup de sociétés de transport, la SNCF fait un effort louable d’indemnisation de ses clients. C’est là une démarche nécessaire au regard de l’impact négatif sur l’image de marque de
l’entreprise. Sa situation d’acteur monopolistique ne l’exclut pas, en effet, de porter une attention à ses clients.
J’ai pour ma part emprunté un train le 15/12/09, qui accusait 50 min de retard sur un trajet initial de 1h47. C’est suffisant pour recevoir un bon de réclamation à l’arrivée, et demander une indemnisation de 25% du prix du billet. Le bon de réclamation se présente sous forme d’une enveloppe papier préaffranchie. Je glisse comme demandé mon billet dans l’enveloppe, avec le bon de réclamation.
A ma grande surprise, j’ai reçu le 29/12/09 un courrier présentant les excuses de la SNCF : ils ne pouvaient pas me rembourser faute de billet dans l’enveloppe… C’est malin comme réponse, mais pas tant que ça !
Je ne souhaite pas accuser le SNCF d’avoir égaré volontairement mon billet, car ce jeu n’en vaudrait pas la peine. Mais tout de même… grâce aux technologies actuelles, la SNCF aurait ici un outil de fidélisation et d’image extraordinaire, quelle utilise… contre elle-même !
Un billet de train contient une somme de données. Dans mon cas, la SNCF sait :
- Que je suis un client abonné
- Que je voyage chaque semaine sur la même ligne, parfois plusieurs fois par semaine
Ce qu’elle aurait dû savoir, si ses outils avaient été plus performants, à l’instar de l’avion par exemple :
- J’ai effectivement pris le train ce jour là, conformément à ma réservation.
- L’entreprise que je dirige possède plusieurs abonnements, et est donc plutôt bonne cliente.
L’indemnisation à laquelle je pouvais prétendre était de 25% de 15,70€, soit la somme de 3,93€.
Ce que la SNCF a fait :
- Elle a donné un bon de remboursement : coût = 1€ env.
- Elle m’a écrit pour me dire qu’elle avait besoin de mon billet, pourtant bien glissé dans l’enveloppe : coût = 1,2 € env. pour le courrier + traitement : 9€ env.
Au total, ce sont 11,2€ minimum qui ont été investis par l’entreprise pour finalement générer une énorme insatisfaction. Quelle déception !
Ce que la SNCF aurait dû faire :
- Tracer le compostage de ses billets pour savoir que j’avais effectivement pris ce train. Coût = 0€, en dehors de bornes de compostage modernes (mais ce coût existe déjà).
- Effectuer un remboursement sans que le client ne le réclame, de façon automatique. Coût = 1,2€ env. pour le courrier + traitement = 1€ + indemnisation = 3,93€.
Dans un schéma comme celui-ci, grâce à une bonne utilisation des outils numériques, la SNCF aurait eut un coût de seulement 6,13€ et aurait satisfait son client.
C’est là un exemple très concret du bénéfice de l’utilisation des outils numériques au profit de la satisfaction du client.
Comme un retard n’arrive jamais seul, j’ai adressé une seconde réclamation pour un retard de 2H, portant sur un autre trajet. Espérons que cette fois, la SNCF n’aura pas « égaré » mon billet…



