Dimanche 16 mai 2010 7 16 /05 /Mai /2010 12:51

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Facebook s’est fait un champion des apéros géants dans de nombreuses villes. Après la mort d’un jeune à Nantes cette semaine, la question de la responsabilité est à présent entièrement ouverte : qui doit payer ?

Voilà un vaste sujet qui ouvre deux débats, lorsqu’on est en droit français. Et ces deux débats touchent directement au modèle économique d’un site comme Facebook. Le premier débat est : sur qui porte la responsabilité ? Est-ce sur l’éditeur du site, Facebook en l’occurrence, ou bien est-ce sur celui ou ceux qui ont en premier initié l’invitation à cet apéro ? Le second débat porte sur l’indemnisation en elle-même : la valeur d’une vie humaine est elle à son juste niveau en France ?

Je commencerai par évoquer le second débat d’emblée, pour ensuite revenir sur la responsabilité du site.

En France, en moyenne, l’indemnisation pour la mort d’une personne est d’environ 85.000 euros. C’est un des montants les plus faibles du monde développé, et nous devons rapprocher ce montant des 2,5 Mo$ que versent les personnes responsables de la mort de quelqu’un en moyenne aux Etats-Unis. En clair, et en tenant compte du taux de change, une vie américaine vaut 23 fois plus qu’une vie française ! Cet écart a d’ailleurs été largement décrié dans le cas du crash du vol AF447 Rio-Paris, alors même que les avocats d’Air France ont offert 3 fois moins aux victimes françaises, ce qui est largement plus que ce qui se pratique chaque jour dans les deux pays.

Dans un cas comme celui de l’apéro géant, l’enjeu serait donc totalement différent si la justice plaçait le montant de l’indemnité à un niveau supérieur. Il en serait de même pour de nombreux procès où la responsabilité civile et pénale sont en jeu : par exemple, il est moins couteux en France, en peine comme en indemnité de tuer quelqu’un en voiture qu’avec un marteau ou un couteau. Pour ceux qui préméditent un meurtre, c’est un choix qui peut exister… Aux Etats-Unis, vous pouvez traverser tranquillement une autoroute : les 10 files de voitures stopperont, car personne n’a envie de voir les 2/3  de son salaire prélevé jusqu’à la fin de ses jours pour indemniser les ayants droits d’une victime. Une indemnité élevée est hautement dissuasive.

Avec un enjeu limité à quelques dizaines de milliers d’euros, la justice comme les ayants droits ne vont pas défendre les intérêts de la victime de la même manière : les frais d’avocats dépassent l’enjeu ! C’est absurde, mais c’est ainsi.

Du coup, qui risque d’être inquiété ?

Pour le principe, on ira rechercher une personne responsable. Qui cela doit-il être ?

Une réponse à chaud pourrait naturellement viser les premiers à avoir « initié » l’invitation. Ceux qui ont eu l’idée d’un apéro, ou bien qui sont à l’origine. Certes, ils portent de facto un statut d’organisateurs. Cependant, ils ne font que répéter une pratique qui a eu lieu ailleurs, et l preuve que ce sont bien les premiers sera difficile à obtenir, sans une collaboration active du site Facebook. Même si le site est coopératif avec les autorités, la chance de voir une vraie condamnation se dégager sur les premiers participants reste mince : ce n’est pas dans l’intérêt de Facebook, surtout en dehors des Etats-Unis.

Par contre, le droit français reconnait que la mise à disposition de moyens permettant l’organisation d’évènements ayant pour conséquence de générer un trouble à l’ordre public constitue un délit. A ce simple titre, les éditeurs du site Facebook portent une responsabilité certaine dans les conséquences liées à l’utilisation de leur site.  

En effet, l’éditeur d’un site internet ne peut pas ignorer l’utilisation qui en est faite. A ce titre, Facebook ne peut pas ignorer que le site qu’il a créé peut engendrer des phénomènes de masse ayant de graves conséquences. Son rôle, et sa responsabilité sont de trouver un moyen pour que cela ne se produise pas, ou bien s’il ne le fait pas, d’assumer les conséquences de l’utilisation qui est faite de son site. Dans ce cas, et en toute logique, il serait donc logique de faire porter la responsabilité des incidents, et des couts induits par ces incidents (mobilisation des forces de l’ordre, coûts d’hospitalisation, etc.) à Facebook. Cette démarche serait certes impopulaire, mais finalement plutôt convenable au sens du droit. J’aime beaucoup pour cela le bon sens des américains : on va chercher l’argent là où il est.

Par Frederic Hougard - Publié dans : Actualité
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Dimanche 16 mai 2010 7 16 /05 /Mai /2010 12:32

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L’arrivée de l’Iphone a bousculé l’ordre établi parmi les fabricants de téléphone portable. Mais cette partie visible de la rupture apportée par Apple cache en fait un changement profond du modèle économique des opérateurs.

Avant l’Iphone, la chaine de valeur dans la téléphonie mobile était simple à comprendre : les opérateurs prenaient tout … ou presque. Au-delà de leur métier de gestionnaires de réseaux, ils étaient aussi les développeurs exclusifs des offres de téléphonie,  mais aussi des applications tierces. Ce modèle aurait pu continuer longtemps, s’il avait rémunéré correctement les développeurs d’applications, à l’instar du minitel par exemple. Or, les opérateurs sont gourmands, et jaloux… donc ils ont maintenu leur activité dans un cadre de relations commerciales exclusives, et surtout au sein d’applications propriétaires… au détriment du client.

Imaginez avant l’Iphone la difficulté pour un développeur d’applications ou un propriétaire de contenus pour mettre une offre sur le marché : il fallait créer une interface unique avec les systèmes de chaque opérateur, ce qui multipliait le coût par autant d’opérateurs possibles, et ensuite créer des IHM (interfaces Homme-Machine) spécifiques à chaque terminal. Pire encore, le même terminal, s’il était référencé par deux opérateurs concurrents nécessitait souvent deux interfaces différentes ! Une telle complexité, voulue par les opérateurs plaçait l’investissement initial tellement haut que peu de sociétés ont fait l’effort d’investir dans les applications mobiles. Et pour cause : la perte était garantie à l’arrivée !

Apple a bousculé tout en lançant un téléphone « applications incluses ». Outre la qualité reconnue de son IHM, qui lui a permis de s’imposer, le modèle possède une vertu exceptionnelle pour le fabricant, qui en un coup renverse la balance de son côté, là où auparavant elle était exclusivement orientée vers les opérateurs. En créant une rupture forte, Apple a non seulement imposé ses prix, mais aussi un modèle économique nouveau que les opérateurs n’ont eu d’autre choix que de l’adopter.

En effet, Apple perçoit une quote-part des revenus liés aux applications, mais aussi une partie des revenus liés aux forfaits de communication. C’est la première fois qu’un fabricant de hardware peut ainsi récupérer un pourcentage sur les communications, jusque là chasse gardée exclusive des opérateurs.

Le marché a réagit immédiatement, et de nombreux fournisseurs de contenus, ou prestataires de services s’y sont engouffrés en développant des applications. Certes, le terminal a offert de nouvelles possibilités en termes d’ergonomie, ce qui a développé de nouveaux usages, ou rendu possible le développement d’applications puissantes et très pointues en graphismes. Mais la première qualité de l’Iphone a été son modèle économique qui a rendu économiquement viable, pour la première fois, le développement d’applications sur mobile. Plus besoin d’interfaces spécifiques pour chaque opérateur, ni de reversements abusifs… la concurrence s’est ouverte d’un coup, avec un impact visible.

Dans cette histoire, le grand gagnant est Apple. Sans doute le second gagnant est le client, mais dans leur désir de ne pas perdre un centime de revenu, les opérateurs ont gonflé leurs prix d’abonnement à tel point que, au final, ce terminal reste un jouet luxueux. Soyons réaliste : un foyer français dépense en moyenne 113 euros par mois pour son équipement TIC. Il s’agit d’une somme considérable pour de très nombreux foyers, lorsque 3 ou 4 abonnements circulent !

Les perdants de l’affaire ? Peut-être les opérateurs ? ce n’est pas dit… ! Car ils ont rendu accro de nombreux clients à des usages nouveaux. Et aussi… car la concurrence n’existe pas vraiment avec seulement 3 opérateurs en place. Malgré de nombreuses condamnations pour entente illicite, il est aisé de constater qu’aucun des trois opérateurs n’agresse les autres. La vache est grasse et elle sera traite jusqu’au bout.

Les grands perdants donc sont définitivement les fabricants de terminaux qui étaient en place avant qu’Apple ne se lance. Le modèle mis en place depuis des années par les constructeurs les rendent tellement dépendants de ces derniers, qu’il leur est impossible, encore aujourd’hui de sortir de leur soumission complète aux opérateurs. Avec pour conséquence de ne pas pouvoir créer de valeur supplémentaire… et de voir leurs marges s’amenuiser inévitablement.

Il est intéressant d’ailleurs de constater le niveau extrêmement élevé fixé par Apple pour tout nouvel entrant sur ce marché. Les qualités de son terminal lui permettent d’afficher une longueur d’avance, et associer son lancement à un modèle économique ouvert et innovant lui garantit de rester devant pour longtemps. Observons simplement Google et l’échec de son incursion dans la téléphonie en Europe, avec Androïd. Pas assez innovante, son interface a déjà perdu son pari en partie chez nous. Ce n’est pas le cas aux US, cependant, où Google est devant Apple. A suivre donc…

Par Frederic Hougard - Publié dans : Cas d'école
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Samedi 20 mars 2010 6 20 /03 /Mars /2010 18:07

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L’arrivée annoncée de l’IPad annonce sans aucun doute la fin programmée du livre au format papier.

Je vois d’ici les voix qui s’élèvent pour dire que lire sur du papier procure une sensation et un confort qu’un écran d’ordinateur ne pourra jamais égaler. Que le fait de tourner les pages est doux, que l’odeur du papier, telle la Madeleine du regretté Proust, fait plonger son lecteur dans un monde parallèle, de songes et de pensées romanesques…

Peut-être….

Peut-être pas…

J’ai connu, comme tout photographe amateur, l’arrivée bouleversante des appareils numériques. Nous étions alors nombreux à jurer qu’on ne nous y prendrait pas. Que même le film avait cette saveur d’authenticité qu’une photo numérique, froide et trop facile à retoucher n’aurait jamais. Nous connaissons tous la suite…

Gardons à l’esprit une chose. A l’instar des hypermarchés dans les années 70, qui avaient établi qu’il suffisait de faire chuter le chiffre d’affaires d’un concurrent de 30% pour le tuer, l’arrivée d’une rupture aussi brutale que les tablettes numériques peut faire plonger dans un rouge mortel tous les comptes des éditeurs qui resteront sur le papier.

Les premiers avant l’Ipad ont été les Kindle d’Amazon, ou encore le Nook de Barnes & Noble… sans compter Sony ou les autres qui emboitent le pas. Je n’y croyais pas.. et pourtant, en prenant en mains un Nook dans le Barnes and Noble de Santa Monica, à Noel, j’ai été bluffé par la qualité de l’interface, le confort de lecture, ses larges possibilités de réglage, et par la bibliothèque déjà disponible. 1 million de titres pour le célèbre bouquiniste, quand Amazon en revendique plus de 450.000.

Les avantages ? Ils sont simples à comprendre : le prix du « livre » est simplement divisé par deux : plus besoin d’imprimer, de stocker ni de distribuer physiquement du papier. Nos sociétés pensent écologie et bilan Carbone… et bien voilà une réponse plutôt intelligente pour commencer à changer les choses. Rappelons-nous que l’impression seule d’un livre, et sa vente « physique » comptent pour 63% de son prix de revient.

Je vois aussi les possibilités énormes que ces tablettes pourraient avoir pour nos journaux, quotidiens comme magazines. Les tablettes sont wifi, et il serait tellement plus simple de distribuer l’actualité par ce canal plutôt que par les NMPP. Surtout pour les gratuits, véritables destructeurs de forêts et générateurs de CO2.

Au-delà de l’aspect écologique, nos éditeurs de la presse pourraient par ce biais repenser complètement leur modèle économique : plus besoin de « bouclage », de travail nocturne, mais au contraire des articles sortis au fil de l’eau, une actualité commentée en live, des affinités plus profondes pour des annonceurs mieux servis, des sources de revenus supplémentaires grâce à des liens intelligents vers les marchands… etc  

Les éditeurs de livres eux aussi pourraient modifier leur modèle, en liant la vente de livres avec d’autres créations, musicales ou filmées, en rendant la lecture plus attractive pour les jeunes générations grâce à des interfaces nouvelles.

Sans compter les applications qui vont naître pour les ouvrages récurrents, de type guides ou annuaires, en plaçant les fonctions de réalité augmentée au cœur de leurs contenus.

Gardons un chiffre à l’esprit : les revenus générés par les applications sur le seul Iphone devraient atteindre 17,5 Mds $ d’ici 2012. Un chiffre qui pèse plus lourd que tout le monde de l’édition hexagonal cumulé, qui a pesé 4 Mds € seulement en 2008…

Ma conviction est faite… le livre a déjà rejoint l’espace numérique.

Par Frederic Hougard - Publié dans : Cas d'école
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Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 11:27

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Le lancement d’un nouveau service demande de l’énergie, du temps, et parfois beaucoup d’argent. Dans ces circonstances, il est quelquefois difficile de lancer simultanément une application web et son pendant sur téléphone au même moment.

 

Projection dans le temps

 

Avec l’arrivée et le succès incontestable de l’Iphone, demain de l’Ipad ?, l’usage en mode nomade évolue à très grande vitesse. Les débits offerts par la 3G permettent plus d’interactivité, plus d’opportunités. Ainsi, les applications de réalité augmentée permettent elles par exemple de visualiser les données relatives à notre environnement. On peut « pointer » l’objectif de son téléphone sur une rue, et voir s’afficher en superposition à l’image des données relatives aux commerces qui s’y trouvent. Pourquoi pas demain imaginer les agents recenseurs venir dans une rue, et être capables de visualiser le portrait de chaque membre d’une famille, le mettre à jour en temps réel et ainsi recréer un big brother du 21eme siècle ? En croisant l’ensemble des informations disponibles sur Internet aujourd’hui, nous pourrions sans doute déjà le réaliser à 50 ou 60% !

 

 

La construction du service doit être pensée en situation, et pas en moyens techniques

 

Pour qu’un service nomade connaisse le succès, à partir d’une application internet, il ne suffit pas de faire un copier/coller de son site sur un plus petit écran. Ce serait là une grave erreur. Non pas que l’affichage d’un site internet sur un terminal nomade soit impertinent – cela peut parfois être utile – mais l’usage en mode nomade correspond à un besoin différent la plupart du temps.

 

A situation nomade, besoin nomade donc. Les barres de navigation, les contenus accessibles, ou les workflows doivent correspondre à la situation nomade. L’éditeur du service doit penser « en situation » et limiter ses interfaces au plus strict besoin de l’utilisateur, quitte à se couper de 75% des fonctions qu’il offre habituellement sur le site. Mais s’il dégrade une partie de son offre, il doit aussi ajouter des fonctions exclusives au mode nomade, et enrichir son offre avec des interfaces plus ludiques, adaptées à la taille et l’IHM du terminal.

 

Les premières applications nomades sont à cet égard encore trop limitées : elle visent à distribuer du contenu, sans aller jusqu’à permettre des transactions de type achat en ligne, réservation d’hôtel ou de restaurant, ou bien d’autres applications transactionnelles qui pourtant seraient fort adaptées. 

 

Par Frederic Hougard - Publié dans : 10 règles d'Or
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 12:29

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Le délit de dispersion n’est pas puni par la loi, heureusement.

Mais il est souvent douloureusement sanctionné par les marchés financiers.

 

Quelques exemples célèbres :

  • Vivendi Universal, avec à sa tête Jean-Marie Messier,
  • Crédit Mutuel/CIC et ses abonnements téléphoniques,
  • Google, dont le spectre couvre l’équivalent du grand écart planétaire : de l’agence de pub, à l’éditeur de soft, en passant par les métiers de FAI, opérateur de boucle locale ou de fournisseur en électricité.


Dans ces exemples tous célèbres, que l’on peut vérifier au quotidien, quelle est la part d’innovation , de diversification et quelle est la part de dispersion ?

 

En d’autres époques, nous avons vu dans les années 70 et 80 des sociétés très actives dans des métiers variés, à l’instar de Renault qui œuvrait dans la machine outil, la machine agricole, le poids lourd, le véhicule automobile, le négoce de bois et de matériaux, etc. Comme beaucoup d’acteurs dispersés, Renault a dû, lors de la crise du début des années 80 se recentrer sur son cœur de métier, celui du véhicule particulier.

 

Plusieurs types de dispersions

Le phénomène de dispersion trouve souvent ses origines dans des stratégies de développement offensives. L’entreprise va alors chercher à soit:

  • Intégrer verticalement des activités dans le but de les contrôler. Ex des Data center de Google.
  • Intégrer horizontalement des activités dans le but de maîtriser une offre complémentaire à son offre d’origine, et faire grandir ainsi une seconde activité de manière rentable. Exemple de Paypal chez Ebay.
  • Se diversifier dans des activités que l’on juge complémentaires, ou faisant partie d’un écosystème proche.

 

La focalisation en tant que réflexe de survie

Mais un politique de diversification d’une entreprise en dehors de son cœur de métier fait courir de grands risques la plupart du temps.

Si nous connaissons des exemples réussis tels que Bouygues, présent dans le BTP, les media (TF1) et la téléphonie mobile, nous constatons le plus souvent des échecs majeurs (Vivendi Universal, par exemple).

La raison en est simple et multiple :

  • Les marchés financiers n’aiment pas la diversification, car elle permet rarement d’être optimal en terme de rendement.
  • Les salariés des activités historiques se détournent vers ce qui est nouveau dans un groupe, et habiller Paul revient souvent à déshabiller Jacques. Autrement dit, la diversification crée une dilution des compétences les plus précieuses au sein des groupes.
  • La diversification relève d’une stratégie de placement avant tout : elle n’est raisonnable que lorsque l’activité cœur est rentable, leader sur ses marchés et en position dominante pérenne.
  • Une diversification réussie se réalise par l’acquisition d’activités existantes, et rentables, de préférence. Par exemple : comment Google pourra t il financer le lancement de toutes ses activités nouvelles, si d’aventure il était attaqué sur son marché cœur de l’adword, sachant que ce dernier lui procure 97% de ses revenus encore aujourd’hui ?

 

Dans les métiers du numérique, la nécessité de rester focalisé constitue d’abord un réflexe de survie. Les entreprises les plus chanceuses, ou en très bonne santé pourront continuer à s’autoriser quelques fantaisies, mais rares sont celles qui ont réussi à se diversifier avec succès sur le long terme.

 

Par Frederic Hougard - Publié dans : 10 règles d'Or
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  • Frederic Hougard
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