Vendredi 7 janvier 2011 5 07 /01 /Jan /2011 13:17

Soyons réalistes: il n'y a pas de place pour les Européens sur le net. Ni trop sur le mobile à terme non plus, sans doute, pour les applications.

Pourquoi ?

Trop lents...!

Les acteurs qui dominent le monde du net sont américains, depuis le début d'internet. Sont ils plus doués ? Peut-être. Mais je n'en suis pas sûr.

Sont ils plus riches ? Définitivement.

Mais la richesse n'est pas la clé unique du succès, pour s'imposer dans le domaine d'internet. Des filiales très bien dotées de grands groupes n'ont pas toujours réussi à devenir des leaders.

La clé du succès vient du croisement des moyens investis et de la vitesse à laquelle on les obtient.

Une startup amércaine met entre 3 et 5 ans pour devenir un acteur mondial. Les exemples sont nombreux dont entre autres Facebook ou Google. La prise de leadership au niveau mondial vient en grande partie de la qualité des levées de fonds réalisées outre atlantique. Le dernier exemple en date est celle opérée par Groupon, de 500 millions de dollars. Cette société créée en novembre 2008 a réalisé une levée géante en seulement 2 ans d'existence.

C'est sans doute à ce prix que les Etats-Unis fabriquent des leaders mondiaux. Mais le modèle fonctionne: cherchez un leader mondial de l'internet français ou européen... 

 

 

 

Par Frederic Hougard - Publié dans : Cas d'école - Communauté : Actualités du Web 2
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Mardi 14 décembre 2010 2 14 /12 /Déc /2010 10:41

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Voilà des mois que l'affaire Bettencourt inonde nos espaces media. Quelle histoire, vraiment...

Dans le cas des Bettencourt, nous avons observé que la seule manière pour la fille de tuer le conflit d'intérêt du présumé photographe a été de générer le conflit. Intéressant comme stratégie, voire même brillant. Risqué mais brillant. En dehors d'E. Woerth, il y eut peu de dégâts collatéraux, et même si le cours de bourse de L'Oréal a chuté quelque peu, son image reste globalement intacte, et l'exercice a eu le mérite de mettre au grand jour la fragilité du contrôle de ce fleuron français par son actionnariat historique.

L'affaire est réglée, n'en parlons plus.

Reste que, d'une façon générale, les conflits d'intérêts de tous ordres parsèment nos environnements numériques. C'est un sujet délicat, dont peu de personnes osent parler, soit par ignorance, soit par peur de montrer leur propre conflit d'intérêt. 

Alors en vrac, je vous annonce quelques uns des sujets qui vont habiter cette nouvelle rubrique:

- des avis consommateurs sur les sites marchands: et si je me disais du bien de moi-même ?

- le banquier se sert dans mon porte monnaie

- Google shopping: être ou ne pas être un moteur de recherche

- etc

Vous verrez, ce sujet est infini... 

Les hommes politiques reconnaissent avec difficulté lorsqu'ils sont pris la main dans le sac, que le conflit d'intérêt les concerne. Ils sont pourtant les premiers à devoir s'en préoccuper. En effet, la chose publique ne tolère pas qu'on soit juge et partie, qu'on soit conseil et acheteur... ou plus généralement qu'on occupe des fonctions ou des rôles contradictoires par nature, pour qui entend préserver l'intérêt collectif.

Lorsqu'on applique cette règle à un chef d'entreprise, la prise illégale d'intérêt se nomme: "abus de biens sociaux". Cela relève du pénal. La même situation appliquée à nos élus a fait l'objet de nombreuses amnisties, car c'était avant le financement des partis par le contribuable. Et pourtant... sans émettre de jugement hâtif, les abus continuent.

La règle française veut que les contrepouvoirs soient peu nombreux, et peu puissants (ie la Cour des Comptes). Il faut donc du temps, pour qu'un abus soit mis au grand jour.

C'est exactement le même phénomène qui existe dans le monde numérique: les usages et les modèles sont nouveaux, souvent complexes à déchiffrer, même pour des experts. Le grand public n'y voit que du feu, la plupart du temps. Pourtant, la mise en évidence, et la condamnation des conflits d'intérêts dans le domaine numérique sont stratégiques si l'Europe, et donc la France souhaite enfin développer une véritable industrie dans ce domaine. Je me focaliserai donc sur ce thème, avec chaque fois, la démonstration des mauvaises pratiques, et surtout de leur impact à long terme.

Par Frederic Hougard - Publié dans : Conflits d'intérêts
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Mercredi 27 octobre 2010 3 27 /10 /Oct /2010 08:16

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Certains matins sont plus riches en sensations que d’autres. Laissez-moi vous raconter ce qui m’est arrivé…

J’allais au coin de la rue, acheter mon pain comme chaque matin. La boulangère me reçoit avec un sourire égal aux autres jours, et m’annonce que le pain n’est plus vendu au détail, mais par abonnement. Elle me vante les qualités du grille-pain branché qui est fourni avec l’abonnement, et tous les accessoires qui vont avec. Elle me dit aussi que ce grille pain, non seulement grille le pain, mais qu’en plus il rend comestible la baguette, qui sans cet accessoire n’est pas mangeable.

Wow… je suis impressionné par autant de technologie. Ce grille - pain à écran plat tactile, dernier cri est génial. Il semble valoir les 390 euros affichés, si je l’achète seul. Mais bon… l’abonnement est à 29,99 € par mois, et pour ce prix, j’ai le grille pain à 1€, plus une baguette par jour, et une viennoiserie soir et weekend + des carambar illimités. Je signe tout de suite !

Deux semaines plus tard, je retourne voir ma boulangère :

« - J’aimerais deux pains aujourd’hui s’il vous plait. - Bien sûr Monsieur. Le pain sera prélevé sur votre compte directement.

- Entendu, répondis-je, vraiment heureux de la facilité de ce nouveau système. »

Chaque jour je prenais ma baguette, ou presque. J’étais aux anges, car le grille pain fonctionnait à merveille, et mon pain, s’il n’était pas différent d’avant, semblait plus exclusif : c’était MON pain !

Pourtant, à la fin du mois, en regardant mon relevé de banque, je fus surpris de voir que l’abonnement boulangerie m’avait coûté 39,99 euros. Je demandai donc à ma boulangère d’où venait ce brusque changement de tarif. Elle m’expliqua alors que les deux pains hors forfait avaient été facturés 5 euros pièce, ce qui avait augmenté le montant du prélèvement. Mais, lui ai-je répondu, je n’ai jamais payé 5 euros pour un pain, enfin. AH oui, avant les abonnements, le pain était moins cher. Mais comme vous bénéficiez d’un abonnement, tous les produits hors forfait sont plus rares, et donc plus chers.

Je rentrais chez moi un peu désabusé…

Du coup, je décidai le jour suivant d’aller à l’autre boulangerie du quartier, située deux rues plus loin. Là aussi, le système d’abonnement était en place. Génial me dis-je. Je prends une baguette, s’il vous plait. Comme la boulangère me demande si j’ai un abonnement, je lui dis oui, et elle me la donne sans plus de question. Arrivé chez moi, heureux d’avoir pu trouver une alternative, je place la baguette dans le grille-pain et là… patatras… le grille pain refuse de fonctionner. Un message d’erreur indique : « le pain introduit ne correspond pas au réseau de votre abonnement. Veuillez svp retourner acheter votre pain dans le bon réseau, ou alors accepter l’ajout d’une surcharge de 2€ pour griller cette baguette. »

Incroyable… je venais de découvrir que je ne pouvais consommer du pain que s’il était acheté à ma boulangerie, et que le grille pain ne fonctionnait pas avec d’autres fournisseurs.

Quelle technologie ! J’étais épaté par autant d’efforts et de sophistication.

J’ai regardé sur internet si je pouvais dé-boulange-locker mon grille pain. Pas d’info, sauf sur des pratiques qui ne semblaient pas très légales… ou alors je devais acheter le grille pain en Chine, le même apparemment, mais à 18 euros, ce devait être une copie. J’avais bien vu qu’il était affiché à 390 euros chez mon boulanger, et ça ne pouvait pas être le même.

Je suis donc allé voir la boulangère, et lui ai dit mon admiration, combien ces outils et cet abonnement étaient sans doute géniaux, mais que finalement, je préférais la bonne vieille solution qui consiste à acheter mon pain au détail, selon mon besoin. La boulangère a alors ressorti mon contrat d’abonnement, stipulant que les 12 mois étaient dus, et que pour des pains non consommés, je devrai reverser 10 fois 29,99 + une option de dédit… de plus, le pain au détail n’étant plus disponible, je pouvais toujours l’acheter en formule prépayée, mais à 2,60 euros la baguette, au lieu des 0,70€ que je payais auparavant. La logistique mon cher monsieur, ça coute cher, sans compter que les investissements d’infrastructure sont si chers… et puis, pour mettre en place les abonnements, mon opérateur de boulangerie a reversé une taxe spéciale à l’état… alors…

… alors le réveil a sonné et je suis sorti brusquement de mon mauvais rêve. Le sourire a immédiatement retrouvé le chemin de mes lèvres. Tout ça n’était qu’une illusion. C’est fou l’imagination qu’on peut avoir parfois. C’est tellement dingue d’imaginer qu’on puisse un jour faire adopter un tel modèle économique à des clients. Vous ne pensez pas ? Je crois même que c’est impossible, car une chose nous préserve de tout ça, une chose qui est fondamentale dans une économie libre comme la nôtre : la concurrence.

NB : en quittant mon domicile, je n’ai pas pu m’empêcher d’envoyer un sms à mon meilleur copain pour lui raconter cette folle histoire. Heureusement, je dispose d’un forfait SMS illimité, de 500 SMS maximum par mois pour faire ça. On n’est tout de même chanceux d’avoir toute cette technologie, non ?

Par Frederic Hougard - Publié dans : Général - Communauté : Communauté informatique
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Mardi 19 octobre 2010 2 19 /10 /Oct /2010 08:44

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L'actualité tourne autour de la réforme des retraites.  

 

Cette réforme concerne bien un activité numérique: banques, retraites, assurances, outils de capitalisation sont tous des outils numériques.

 

Ce qui a changé depuis leur création déjà ancienne ? L'arrivée des NTIC. Et avec ces nouveaux outils, sans doute aussi une nouvelle perception de la valeur des choses: entre surmédiatisation et nouveaux outils de paiement, beaucoup de nos concitoyens sont perdus : leur perception de la vraie valeur de l’argent semble s’être dématérialisée avec lui. Et avouons le, la règle d'or n°7 imposant la transparence n'est pas ou très peu respectée...

 

Prenons quelques exemples pou illustrer la difficulté grandissante pour certains de bien mesurer la valeur de l'argent:

- nombreux sont ceux qui ne mesurent pas la valeur de leurs dépenses avec autant de justesse depuis qu'ils utilisent une carte bleue. Ca semble si facile et moins concret que des billets de banque.

- Les pertes de la Société Générale ? Quelques milliards d'Euros qui n'ont même pas fait vasciller l'édifice. La valeur du milliard se serait-elle dépréciée ?

- les pertes abyssales de l'Etat Français semblent le dire. Mais elles constituent un autre exemple assez fou de la valse des milliards, où curieusement il apparait que ce mot "milliard" soit devenu l'unité de mesure - ou de démesure - de toute action.

- 1 milliard d'Euros à Mr Bannier, pour une amitié très très chère ?

- il y a encore peu, juste avant l'arrivée de l'Euro, lorsque la sécurité Sociale affichait un déficit de 15 milliards de Francs, tout le gouvernement était en transe pour trouver des solutions... Nous en sommes 10 ans après à 20 milliards d'Euros, soit 130 milliards de Francs environ, et personne ne semble inquiet.

- etc

 

J'ai décidé, à l'attention des lecteurs, de reprendre à la fin de ce billet un éditorial que j'ai trouvé vraiment bien fait, factuel, et tellement instructif pour nos chers opposants à la réforme des retraites. Cet éditorial est tiré de Ouest France du 16 octobre 2010, et écrit d'une plume de Maître par François Régis Hutin.

 

Dans cet éditorial, il est question de la réalité, et du vrai coût des choses...

 

La gestion des retraites, et plus globalement du système de protection sociale des français étant une activité purement numérique, j'aimerais aujourd'hui proposer une solution moderne - sorte de NTIC adapté au sujet - pour que chaque citoyen prenne un peu plus conscience de la situation du pays:

 

- pour les retraites: de la même manière qu'il existe un minimum vieillesse, je suggère l'instauration d'un maximum vieillesse: en plafonnant les pensions à 3.500 euros nets par mois, par exemple, il serait possible de limiter le montant de la perte de l'Etat. Ainsi, nous resterions dans la philosopie d'un système collectiviste, où le niveau des reversements serait équitable, et nous ne grèverions pas les plus hauts revenus car ils ont eu, tout au long de leur vie, la possibilité de construire de nombreux plans de retraites complémentaires.

 

- pour la protection sociale, plus généralement: je propose le versement aux salariés non plus de leur salaire net, mais de leur salaire total, incluant charges salariales et charges patronales. Il incomberait ainsi à chaque salarié de régler les cotisations sociales lui-même. Par le simple fait de devoir établir chaque mois un chèque équivalent à son salaire net aux organismes sociaux, je pense que chacun deviendrait beaucoup plus exigeant sur la façon dont l'Etat gère ses deniers, mais aussi beaucoup plus conscient de la valeur de ces prestations.

 

Car n'oublions pas: le premier impôt payé par un citoyen français est constitué des charges sociales. Il représente chaque mois environ 50% du salaire total, ou autrement dit l'équivalent du salaire net d'un salarié. Le bouclier fiscal limite donc le poids de l'impôt non pas à 50% des revenus, mais à 75% du salaire total. A méditer...

 

Et sans transition, voici l'édito promis :

 

 

 

Enrayer le déclin

Editorial par Francois Régis Hutin, Ouest France du 16 octobre 2010

 

 

« La France est, parmi les grands pays, celui qui a le plus régressé sur le plan industriel : depuis la fin des années 1990, la production a reculé de 10 %, l'emploi de 20 %. Sa part de marché dans le commerce mondial est passée de 6,5 % à 3,7 %. Le nombre d'entreprises exportatrices, de 110 000 à 91 000 (contre 245 000 en Allemagne et 200 000 en Italie...) » (1). 

Après un tel constat, faut-il en rajouter ? Pourtant, encore une information : quand Singapour, au revenu équivalent, connaît une croissance de 18 %, la France n'arrive qu'à 0,6 %... En Asie, le taux de pauvreté commence à régresser dans les pays émergents. Il est à moins de 6 % en Malaisie, d'à peine 1 % à Taïwan contre13,4 % en France.

Pardon pour tous ces chiffres, mais ils permettent de prendre conscience du recul de notre pays en de nombreux domaines. Nous ne pouvons plus continuer à nous voiler la face, à donner des leçons au monde, tout en nous enfonçant, les yeux fermés, dans la spirale d'un déclin qu'il est pourtant urgent d'enrayer.

Or, que voyons-nous ? Des grèves qui, selon Michel Godet, « coûtent chacune 400 millions d'euros par jour, l'équivalent d'un bouclier fiscal au bout d'une journée et demie ». « Il faut arrêter cette histoire, ajoute l'économiste. La France est en train de se transformer en Grèce » (2). On ne peut donc pas croire une seconde que la grève puisse nous aider à freiner notre chute. Elle l'accélère et, au bout du compte, ceux qui tentent d'en sortir par ce moyen aggravent la situation du pays et donc la leur.

Quand on voyage un peu, ne serait-ce que quelques heures sur le port de Hambourg, par exemple, on est impressionné par l'activité incessante du deuxième port de conteneurs du monde. Il en traite 9 800 000, contre seulement 850 000 à Marseille.

Ne parlons pas de Rotterdam, qui totalise le même trafic que l'ensemble des ports français, en recul. Leur part de marché en Europe était de 17,8 % en 1989 pour 13,9 % en 2006. Nos ports, pourtant, sont en grève. À Marseille, plus de cinquante navires attendent en rade. Les clients ont le tournis : escales annulées, conteneurs détournés sur les ports étrangers du Nord, des centaines de millions d'euros perdus. Le raffinage français est en sale position. Du jamais vu depuis des années (3).

Inventer autre chose

Cependant, certains s'inquiètent: « S'il y a grève aujourd'hui, demain le trafic partira à Anvers, explique le secrétaire général des dockers de Dunkerque (3). Les 27 000 emplois créés par le port seront en péril. Nous travaillons avec notre cerveau pour retrouver les volumes perdus par le blocage de 1992. Faire la grève, c'est le plus simple, pas toujours le plus efficace. Si nous ne bloquons pas, c'est pour obtenir un meilleur avenir. On est à l'avant-garde depuis 1992, je pense qu'on a raison. »

Et pendant ce temps-là se poursuit la bataille pour enrayer la réforme des retraites, pourtant jugée nécessaire. Défilés, grèves n'ont rien d'illégal. Mais, vu l'état du pays, le blocage économique qu'on déclare vouloir lui imposer est désastreux dans ses conséquences.

De plus, voir des lycéens de15 ans afficher, comme slogan, « Ma retraite à 60 ans » en dit long sur leur mentalité : ignorance, inconscience, vieillis avant l'âge, illusionnés. Quel visage notre jeunesse présente-t-elle au monde ? Quel est son idéal ? Où est son dynamisme... ?

Avec la crise, la croissance, ici, semble vouée à une certainestagnation; empêchons-la au moins de diminuer encore. « Nos décisions de justice sociale ont été prises avec une croissance à 3 %, mais, avec 1 %, nous allons devoir inventer autre chose », a dit Marc-Olivier Padis, de la revue Esprit, hier, au colloque Mounier de Rennes.

Pour ne pas remettre en cause la justice sociale, « cette autre chose à inventer » nécessite non pas l'affrontement, mais le dialogue loyal et la coopération. Cette jeunesse n'est pas que cela. Il est important de rappeler, comme beaucoup de jeunes le savent, que leur avenir n'est pas d'abord dans la retraite, mais dans ce qu'ils construiront tout au long de leur vie.

Il convient également de dire que les assemblées générales, aussi participatives soient-elles, se mettent hors de la démocratie lorsqu'elles votent et appliquent le blocage d'un lycée, d'une entreprise, d'une gare, d'une route. La démocratie, c'est la liberté de parole, c'est le droit de grève, mais c'est aussi la liberté de circuler et le droit de travailler et d'étudier.

(1) Patrick Arthus, Jean-Hervé Lorenzi, Le Monde, 13 octobre 2010.

(2) Ouest-France, 14 octobre 2010.

(3) le marin, 14 octobre 2010.

Par Frederic Hougard - Publié dans : Actualité
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Mardi 12 octobre 2010 2 12 /10 /Oct /2010 10:14

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La toile a vu un nombre croissant de blogueurs avec l’éclosion du web 2.0. Qu’il s’agisse de points de vue, de récits ou encore d’exposés passionnés, le blog pousse à l’éclosion de vocations pseudo journalistiques, pour beaucoup.

Certains blogs connaissent un vrai succès, et sont lus par des milliers de fans chaque jour. Ceux-là sont considérés par les professionnels des media comme des blogs d’influence, autrement dit des espaces qui comptent dans l’œil de l’acheteur. Cela vaut aussi bien dans le domaine B2C qu’en B2B.

Aux Etats-Unis, l’exploitation par les annonceurs du réseau d’influence des blogs les plus lus fut rapide. Entre les prêts ou les dons de produits, les voyages offerts, ou autres avantages, voire même les rémunérations directes, les blogueurs ont peu à peu quitté le monde amateur pour devenir des porte drapeaux des marques. Leur rôle d’expert indépendant a vite disparu, pour laisser la place à celui de VRP de luxe.

La morale américaine s’est cependant vite emparée du sujet, et la loi a été adaptée. Un blogueurs qui s’exprime sans le déclarer au nom d’une marque est considéré comme un menteur et un manipulateur de l’opinion : il véhicule une opinion qui peut, lorsqu’elle est exprimée à visage masqué fausser le libre jeu de la concurrence, et nuire à la réputation des marques concurrentes. Un blogueur doit ainsi se déclarer lorsqu’il s’exprime sous l’influence ou selon l’intérêt rémunéré d’une marque. La peine encourue en cas de non respect de cette règle est d’un mois de prison et 11.000 $ d’amende, plus d’éventuels dommages et intérêts en cas de préjudice démontré.Voir sur ce sujet l'excellent billet dans Chief Marketer.

En France, la morale n’a pas encore atteint ce niveau : nombreuses sont les marques qui arrosent la communauté des blogueurs. Puisqu’il n’est pas possible d’acheter les journalistes, il est plus aisé de graisser l’opinion des blogueurs, dont les scrupules sont souvent inversement proportionnels à ce qu’ils touchent.Certains, comme André, ont le mérite d'afficher clairement le jeu, même si le fait de rémunérer les blogueuses est peu mis en avant.

Ainsi, il est aisé de mettre en avant une entreprise, et se prétendre indépendant, tout en se faisant offrir des voyages aller-retour réguliers dans le monde entier, ou de signer un livre blanc par exemple, pour attester de la valeur d’une offre marchande, sans jamais se déclarer officiellement représentant d’une solution.

S'agit-il de travail au noir ? Oui dans certains cas, selon Bercy. Cette activité très surveillée mérite de faire l’objet de redressements, car elle procure des avantages en nature non négligeables, et jamais déclarés.

S’agit-il d’un mensonge par omission ? Oui dans tous les cas. C’est sans aucun doute la forme la plus malhonnête de commerce, puisqu’elle fait croire à l’indépendance et l’objectivité de conseiller, alors même qu’il est directement rétribué pour ses bons services.Nous revenons encore et toujours à la responsabilité des acteurs du net, que j'analyse dans mon dernier billet.

A l’instar des faux avis de consommateurs, que j’ai dénoncé sur le blog de Testntrust il y a quelques jours, les faux blogueurs ou faux promoteurs indépendants ont de sales jours devant eux. Les deux pourraient même s’exercer précisément dans ces deux domaines, finalement proches dans l’état d’esprit malsain et petit du mensonge délibéré.

Par Frederic Hougard - Publié dans : Cas d'école - Communauté : Actualités du Web 2
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  • Frederic Hougard
  • Modèles économiques de l'internet
  • internet innovation ethique ecommerce transparence
  • Passionné par Internet: 9 ans à la direction d'acteurs importants du web, et toujours la même envie de créer. Je souhaite que ce blog soit un lieu d'expression et de partage d'expériences, bonnes et mauvaises.

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